Pesticides dans les cours d’eau : Québec assure être « proactif »

Le ministère de l’Environnement assure être « proactif » alors qu’un récent rapport conclut que les pesticides sont toujours en forte concentration dans certains cours d’eau en milieu agricole. Dans une rare entrevue médiatique, des responsables du ministère ont présenté les stratégies mises en place pour « briser l’utilisation systématique » de certains pesticides et améliorer le bilan.
Grosso modo, ce qu’on veut, c’est que les pesticides les plus à risque soient utilisés en dernier recours
, souligne l’agronome au ministère de l’Environnement, Jacques Fadous. Il fait partie d’une équipe de 10 personnes au ministère dédiée aux enjeux liés à l’utilisation des pesticides.
Il explique que plusieurs mesures ont été mises en place par le ministère, dont certaines qui entreront en vigueur sous peu. C’est le cas notamment de l’encadrement des semences enrobées de pesticides dès le premier août 2025. Un pas de géant
, selon M. Fadous.
Ce qu’on a voulu envoyer comme message, c’est de sensibiliser le secteur par rapport aux risques des semences enrobées de pesticides.
Il faudra dorénavant obligatoirement obtenir une prescription d’un agronome pour utiliser des semences enrobées d’un insecticide. Antérieurement, l’obligation qui visait uniquement une poignée de pesticides pouvait être en quelque sorte contournée. Il y a une transition qui a été faite vers des insecticides qui n’étaient pas nécessairement mieux
, explique M. Fadous.
L’agronome du ministère explique par ailleurs qu’une étude a démontré que dans 95 % des cas, l’enrobage d’insecticide n’était pas nécessaire
.
Un portrait plus précis?
D’ici janvier 2026, les entreprises de pesticides devront déclarer les ventes au détail
de certains pesticides de classe industrielle, commerciale, agricole
, ainsi que de semences enrobées de pesticides. Depuis 1992, ce sont les ventes en gros qu’on recueillait
, explique M. Fadous.
La vente en gros signifie celle qui est faite pour la revente, c'est-à-dire un producteur de pesticides qui vend à une grande bannière et rend disponible le produit sur les tablettes.
Ça va nous permettre d’avoir des interventions plus ciblées par la suite.
Ce changement permettra, selon M. Fadous, de mieux cibler les secteurs où il y a de gros volumes de vente. On va pouvoir faire un portait plus précis des ventes de pesticides au Québec.
Le transfert de connaissances
L’agronome Louis Robert dénonçait la semaine dernière le fossé qui existerait entre la recherche sur les solutions de rechange aux pesticides et ce qui est recommandé aux producteurs agricoles. Il y a suffisamment de recherche, mais pas assez d’agronomes spécialisés pour la vulgariser
, soulignait-il.
M. Fadous explique que son équipe s’implique justement pour le transfert de connaissances tant au niveau réglementaire que pour le partage d’informations sur les risques des pesticides.
L’objectif, c’est vraiment de s’assurer que les pesticides soient utilisés en dernier recours.
Le ministère collabore avec le Centre d'expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité dans le cadre d’un projet qui va se déployer dès cet été dans cinq régions du Québec. On travaille avec eux pour développer le projet qui va permettre le transfert de connaissance de pratiques qui ne nécessitent pas de pesticides
, souligne-t-il.
M. Fadous estime que les actions du ministère permettront de briser l’utilisation systématique de certains pesticides.
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